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Pourquoi je veux faire une thèse ?

On me demande parfois pourquoi je cherche à faire une thèse CIFRE autour de la créativité, du coloriage et du monde du travail. La question est légitime, mais la réponse est un peu plus compliquée qu’il n’y paraît, parce qu’il n’y a pas une raison unique. J’aimerais pouvoir répondre que tout est né d’une révélation soudaine, d’une intuition fulgurante ou d’un plan de carrière parfaitement construit, mais la vérité est beaucoup moins romanesque que cela.

Je crois que cette envie est née de plusieurs choses qui se sont rencontrées progressivement.

La première est probablement intellectuelle. J’ai toujours aimé apprendre, comprendre, explorer des sujets très différents les uns des autres et suivre des pistes parfois improbables simplement parce qu’une question avait attiré mon attention. D’ailleurs, c’est souvent autant la question que la réponse qui m’intéresse. Une fois que quelque chose pique ma curiosité, il devient difficile de l’ignorer complètement.

C’est d’ailleurs ce qui me plaît dans la recherche. Non pas l’idée d’accumuler des connaissances pour elles-mêmes, mais celle d’accepter que les choses soient plus complexes qu’elles n’en ont l’air. Nous vivons dans une époque qui affectionne particulièrement les certitudes. Chaque semaine semble apporter son nouvel outil révolutionnaire, sa méthode miracle ou sa solution définitive à des problèmes pourtant profondément humains. J’ai toujours eu un peu de mal avec cette façon de penser.

Lorsque des personnes me disent que les coloriages les apaisent, les aident à ralentir ou à retrouver un peu de concentration, je n’ai aucune raison de mettre leur parole en doute. Au contraire. Mais précisément parce que ces témoignages m’intéressent, j’ai envie de comprendre davantage ce qui se joue derrière eux. Non pas pour démontrer que le coloriage est extraordinaire, mais simplement pour mieux comprendre ce qu’il produit réellement, dans quelles conditions et auprès de quels publics.

Cette curiosité pourrait probablement s’exprimer dans d’autres domaines. Plusieurs personnes m’ont d’ailleurs suggéré d’orienter ce projet vers le secteur de la santé ou vers celui de la médiation culturelle. Ce sont deux univers que je trouve passionnants, mais je reviens toujours au monde du travail.

Je crois que ce qui me plaît dans l’entreprise, c’est son incroyable diversité. Derrière ce mot se cachent des réalités extrêmement différentes. On peut parler d’un atelier industriel, d’une collectivité, d’une association, d’une grande entreprise ou d’une petite structure familiale. Les métiers changent, les contextes changent, les contraintes changent, mais certaines questions demeurent étonnamment universelles.

Peut-être est-ce aussi lié à mon propre parcours professionnel. J’ai souvent eu le sentiment d’avoir beaucoup d’idées, beaucoup d’énergie et une forte envie de contribuer, tout en ayant parfois du mal à trouver un environnement capable d’accueillir cette façon d’être. Avec le recul, et notamment depuis mon diagnostic de TDAH, certaines choses prennent un sens différent. Je comprends mieux pourquoi j’ai toujours été attirée par les projets qui permettent à la fois d’apprendre, de créer, d’expérimenter et de transmettre.

Car il y a également cela dans cette démarche : la transmission.

J’ai toujours admiré les personnes capables de partager leurs connaissances, de faire circuler des idées, d’ouvrir des perspectives nouvelles. Peut-être parce qu’au fond, je suis convaincue que les découvertes les plus intéressantes ne sont pas celles que l’on garde pour soi, mais celles que l’on met en discussion avec les autres.

Alors pourquoi une thèse CIFRE ?

Probablement parce qu’elle se situe exactement à l’endroit où toutes ces aspirations se rencontrent. Entre la curiosité intellectuelle et l’application concrète. Entre la recherche et le terrain. Entre l’envie de comprendre et celle de transmettre. Entre un sujet créatif qui me passionne depuis plusieurs années et un monde professionnel que je continue d’explorer avec beaucoup d’intérêt.

Et si je suis honnête, il y a aussi une part plus simple encore : je trouve ce sujet profondément passionnant et j’ai envie de voir jusqu’où il peut me mener…

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